MGF : Mme Biliga Koïvogui demande l’application des lois contre ce fléau en Guinée

Mme Biliga Koïvogui

Le ministère de l’action sociale, de l’enfance et des personnes vulnérables a procédé au lancement officiel de la journée internationale de la ‘tolérance zéro’ contre les mutilations génitales féminines, dans la commune de Matoto, dimanche 6 février 2022.

La responsable du service Genre et équité au ministère de l’environnement et du développement durable, Mme Biliga Koïvogui, qui était à cette cérémonie s’est félicitée de la célébration de cette journée en Guinée, avant de dénoncer cette pratique ancestrale.

« Nos parents ne reconnaissaient pas réellement les impacts de cette mutilation génitale féminine. Aujourd’hui, si le département a décidé de célébrer cette journée, je ne peux dire qu’elle est la bienvenue. Parce que cette pratique n’est pas du tout bon pour la vie des femmes. Car, ce n’est écrit nulle part dans la Bible et dans le Coran qu’il faut mutiler les femmes. Alors, il est important de laisser les femmes telles qu’elles naissent. Et, par la même occasion je conseille aux femmes qui pratiquent ces phénomènes d’abandonner, même si cette pratique ancestrale est devenue un métier pour elles. Il faut désormais trouver d’autres ressources pour elles ou bien d’autres activités génératrices de revenus pour elles afin qu’elles puissent abandonner l’excision. Sinon il faut que l’applicabilité des lois sexistes soit effective par les gouvernements et les Etats surtout les parties prenantes dans le processus, même la justice chacun doit jouer sa partition pour éradiquer les mutilations génitales féminines (MGF) », lance-t-elle.

Après des années de sensibilisation pour éradiquer ce fléau néfaste, la cheffe du service genre et équité sollicite de l’État de poursuivre ceux-là qui insistent sur cette pratique.

« Ce que l’État doit faire pour lutter contre les MGF, c’est de poursuivre les actrices et les emprisonner en se référant de nos lois. Même des femmes exciseuses qui insistent sur cette pratique, il faudrait que vraiment les gens sachent que le monde évolue, les choses changent du jour au lendemain. Parce qu’il y a une idée que les gens se font en disant si tu n’excises pas ta fille elle devient bordelle. Ce n’est pas ça, c’est une question d’éducation, ça n’a rien à avoir avec ce phénomène. Il y a des filles qui sont excisées, mais elles se comportent n’importe comment », déplore-t-elle.

Albert Sovogui pour ziama.info

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