Coopération : « Paul Kagamé est un modèle de leader qui inspire la nouvelle génération africaine » Bogola Haba 

Keamou Bogola Haba

Dans une interview qu’il a accordée à notre quotidien en ligne ziama.info, ce lundi 18 avril 2023, au téléphone, le coordinateur du Front national pour la défense de la transition (FNDT), M. Kéamou Bogola Haba, s’est exprimé sur deux sujets qui font l’actualité du pays. Le premier concerne la visite du président rwandais Paul Kagamé en Guinée dont le nom porte désormais le pont de Kagbélen. Il a également abordé les délestages du courant qui se font remarquer de plus en plus dans la capitale Conakry actuellement. Lisez :

Quel regard portez-vous sur la visite du président rwandais Paul Kagamé en Guinée ?

C’est une visite très importante aussi bien sur le plan économique, politique que diplomatique. Sur le plan économique, elle  va permettre d’activer et de réchauffer une coopération sud-sud modèle qui permettra aux gouvernements des deux pays de nouer des alliances stratégiques dans le cadre du financement et la réalisation des  projets prioritaires de la transition guinéenne, car il faut reconnaître que le Rwanda est l’un des géants africains dans le domaine des levées de fonds sur le plan bi et multilatéral, mais aussi sur le marché financier à travers des prêteurs privés. Leur expérience nous aidera à bien conduire plusieurs projets dans les domaines du transport urbain et aérien, des infrastructures, de la technologie, des mines, de l’éducation et de l’élevage, car il faut savoir que dans quelques mois, le Rwanda va inaugurer sa première usine de lait en poudre.

Sur le plan politique et diplomatique, ce voyage permet aux oiseaux de mauvais augures de réaliser que la transition guinéenne est spéciale et fréquentable. Au moment où nos voisins proches cherchent à isoler la Guinée, voici un frère africain de bonne presse,  qui vient de loin pour encourager nos jeunes militaires qui font un travail formidable de réfondation en seulement 20 mois de gouvernance.

Quel est l’objectif de la visite du président Paul Kagamé en Guinée ? Et après son départ, qu’est-ce qu’on peut s’attendre  entre les deux  pays frères ?

L’objectif a été décliné par les autorités de nos  deux pays panafricains qui croient en la coopération sud-sud dans tous les secteurs. Comme retombées, les techniciens guinéens et rwandais vont continuer à mûrir les études des projets pour leur  réalisation rapide en tenant compte du calendrier de 24 mois  que les autorités guinéennes s’activent à respecter en se donnant les moyens de la réussir comme le Rwanda a fait sa réfondation après le changement en profondeur de 1995 après tout juste le génocide rwandais.

Est-ce que Paul Kagamé est-il un modèle de président qu’on peut s’inspirer pendant que pratiquement dans son pays aucune force d’opposition n’existe ?

Paul Kagamé est un modèle de leader qui inspire la nouvelle génération africaine. Il a réussi à dépolitiser son pays pour mettre ses compatriotes au travail avec une vision plus économique dans un environnement d’unité d’action sans considérations subjectives d’ethnie ou de religion. Il a permis aux Rwandais d’être bilingues, éduqués et disciplinés pour être tout simplement des citoyens du moyen sans pour autant abandonner leur culture. Aujourd’hui le Rwanda est à la fois membre influent de la Francophonie et du Commonwealth et un pilier de l’organisation économique sous-régionale de l’Afrique de l’est.  Donc, par rapport à la réfondation de nos comportements, de nos institutions  politiques et de la vision de l’émancipation économique de la Guinée qui est la mission de notre génération, le Rwanda et son leader Paul Kagamé sont des modèles  qui inspirent bien que nous devons contextualiser le modèle guinéen comme d’ailleurs le président Mamadi Doumbouya le disait à propos de la nouvelle Constitution  de la réfondation en cours de rédaction.

L’échangeur de Kagbelen porte désormais le nom de Paul Kagamé alors que nous avons des Guinéens bien méritants. Quelle est votre réaction ?

La Guinée a une histoire et un passé d’acteurs de la  promotion de  l’unité africaine et de ses héros. C’est une excellente chose que nos édifices portent des noms de grands Africains et autres grands leaders du monde dignes de confiance qui inspireront les futures générations à faire plus qu’eux. L’échangeur Paul Kagamé qui est un grand carrefour de connectivité du Grand Conakry et sera un symbole qui fera de la connectivité Conakry-Kigali un nouveau axe de développement de la nouvelle Afrique émergente.

Que pensez-vous des coupures intempestives du courant électrique dans la capitale Conakry et quelle solution pour remédier à cela ?

Évidemment, nous sommes en pleine saison sèche qui est une période de grande consommation d’énergies  d’une part, et d’autre part, nous sommes aussi en transition de sources d’énergie entre les sources thermiques et hydrauliques. Ainsi,  bien que nos barrages hydro-électriques de Garafiri, Kaléta, Souapiti et grandes chutes donnent suffisamment d’électricité dans le Grand Conakry pour remplacer progressivement les anciennes centrales thermiques fixes et flottants, il faut reconnaitre que nos installations de distribution sont vétustes et c’est maintenant que les investissements dans la distribution sont visibles dans les quartiers et dans les sous-stations de Manéah et autres. Le service commercial et marketing d’EDG aussi n’est pas performant. De même, nous encourageons les citoyens à intégrer la culture du paiement de l’électricité et de l’eau comme il le faut pour la téléphonie. Les managers doivent aussi rationaliser leur consommation car l’électricité et l’eau ne sont pas gratuites, ce sont des biens marchands qui ont des coûts de production très élevés bien que nous soyons le château d’eau de l’Afrique de l’ouest. EDG de son côté doit faire des efforts dans sa modernisation  et dans la mobilisation des recettes si l’entreprise veut améliorer sa capacité d’autofinancement hors subvention de l’Etat. Il y a maintenant l’énergie dans le pays, il faut savoir la vendre au public avec un taux de recouvrement de plus de 97%. Par rapport aux investissements dans l’énergie pendant cette transition,  en plus des investissements dans la distribution et dans le barrage de Amaria dans le Konkouré en Basse-Guinée, le ministère de l’énergie doit absolument accélérer la recherche de financement en BOT ou EPC+F des barrages de Gozoguizia à Macenta et Yomou en Guinée-Forestière, Foumi à Kouroussa en Haute-Guinée, Koukoutamba  à Tougué  et Bokon Diary dans le sala à Labé.  Ainsi, avec le projet de 1800 Mégawatts du projet de Gaz liquéfié en BOT et les investissements qui suivront après la transition, la Guinée commencera à avoir son indépendance énergétique d’ici 2030.

Albert Sovogui pour ziama.info

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