Bras de fer Sidya – Cellou: « risque d’un suicide politique collectif de l’opposition », selon Bah Oury
Le premier vice-président de l’Ufdg, Bah Oury vient de réagir, par une déclaration, aux propos de Sidya Touré, le président de l’Ufr qui ne compte pas soutenir Cellou Dalein si celui-ci était opposé à Alpha Condé au seconde tour de la présidentielle de 2015.
Pour Bah Oury, cela a provoqué un séisme politique à Conakry, lourd de conséquences pour l’avenir politique immédiat aussi bien de Sidya que Cellou. Selon lui, c’est la conséquence d’une rivalité entre deux ambitions.
« La rivalité entre les deux hommes a pris le dessus sur l’indispensable alliance stratégique entre les deux formations qu’ils président. Cette situation est un pain béni pour Alpha CONDE dans le cadre de la stratégie électorale en cours. En effet, à cinq mois de la date fixée pour le premier tour des présidentielles et sans attendre de savoir quelle sera la situation qui prévaudra à ce moment, le rejet d’un soutien à Cellou Dalein DIALLO au second tour, est tacitement perçu comme un appel en faveur d’Alpha CONDE », soupçonne-t-il.
Bah Oury estime qu’une clarification s’impose au niveau de l’ensemble de l’opposition pour indiquer leur réelle position vis-à-vis de la gouvernance d’Alpha Condé, car selon lui, cette nouvelle escalade du clivage entre Cellou Dalein et Sidya Touré a été précédée par la publication de l’entretien compromettant entre Baïdy Aribot et une éminente personnalité du gouvernement.
« Le risque d’un suicide politique collectif est tel que des cadres des deux partis se sont empressés de mettre en place un comité de médiation pour éteindre l’incendie. Cette initiative est à encourager pour éviter l’implosion de l’unité de l’opposition ; car les enjeux dépassent ces querelles d’ego », dit-il. Il souligne que l’unité de l’opposition est un facteur du maintien de la cohésion nationale
Plus loin, avertit que « la crise de leadership au sein de l’opposition fragilise encore davantage une cohésion nationale sérieusement malmenée par la gouvernance actuelle ». En plus, croit-il, une opposition divisée encouragerait Alpha Condé à intensifier la répression.
« A l’aune de la durée au pouvoir, les lignes directrices du système politique du régime guinéen se sont éclaircies à travers une utilisation sélective des moyens de répression dans le territoire guinéen », accuse Bah Oury.
Il estime aussi que ce serait un pain béni pour Alpha Condé de dépeupler les rangs de l’Ufr et réduire ainsi politiquement son président Sidya Touré. « Chouchouter dans un premier temps certains de leurs responsables en leur miroitant une possible participation au gouvernement ne coûte pas grand-chose aux stratèges du régime », indique-t-il.
Alphonse Léno
