Crise politique : après des accusations, l’opposition réclame une médiation de la communauté internationale

« L’opposition guinéenne sait-elle vraiment ce qu’elle veut ? », se moque un enseignant rencontré dans un taxi ce matin. Il trouve absurdes les sorties médiatiques de certains politiciens. D’une main ils tapent sur la communauté internationale et de l’autre ils sollicitent sa médiatisation.

Pas très longtemps, le député uninominal de Gaoual Ousmane Diallo s’est en ouvertement pris à l’ambassadeur des Etats-Unis en Guinée lui traitant d’être « plus qu’un militant du RPG », le parti au pouvoir. Dans la même foulée, le député de l’UFR Baïdy Aribot a mis les pieds dans le plat pour dire que « la communauté internationale ne sert à rien ».

Ce serait-il une accusation de trop ? En tous les cas, la manifestation presque étouffée de l’opposition par les pandores et la flicaille le lundi 4 mai aurait poussé l’opposition à faire un revirement spectaculaire. En charge, c’est un Sidya Touré qui, en filigrane de la manifestation, passe un message à l’endroit de la communauté internationale pour qu’elle propose des solutions concrètes sur un calendrier électoral consensuel. 

On ne peut clair, Sidya Touré ne semble pas partager les accusations d’Ousmane Gaoual et de Baïdy. « Je pense que des solutions peuvent être trouvées et que les Nations unies doivent s’impliquer un peu plus dans la résolution de cette crise », reconnait le président de l’UFR. 

Qui estime également que tout avait été déjà fait pour organiser les élections communales et que les cartes d’électeurs avaient été commandées et le découpage électoral fait. « Le fait que le gouvernement annonce un nouveau chronogramme qui exclut cette possibilité est à mon sens une provocation », dénonce-t-il. 

L’opposition attendrait donc avec impatience les propositions de la communauté internationale pour sortir de l’impasse politique.

Mais ce même gouvernement a tendu la main pour la reprise du dialogue sans conditions préalables.

« Nous sommes ouverts à toutes les suggestions mais nous souhaitons que cela se fasse dans le strict respect de notre indépendance, mais avec cette volonté d’aboutir à développer politiquement le pays en s’asseyant autour de la table des négociations », lance le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara.

Depuis plusieurs mois, l’opposition guinéenne organise des manifestations de rue pour protester contre le calendrier électoral, exigeant la tenue des élections communales avant la présidentielle.

La manifestation du lundi 4 mai a enregistré encore des échauffourées à Conakry, notamment dans la commune de Ratoma, favorable à l’opposition.

L’on fait état de plusieurs blessés et des arrestations. Les boutiques et magasins appartenant des militants de l’opposition sont restés fermés toute la journée, paralysant par endroits les activités économiques.

 

Alphonse Léno

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