Pourquoi « la Constitution » du 7 mai 2010 ne peut être un texte référence ? Mon point de vue (Par El hadj Sidiki Kobélé Keita)

M. Kobélé

La position du problème

L’organisation, pour la première fois en Guinée, d’un débat public (conférence de presse de la Société civile Ma Cause) sur «la crédibilité de la Constitution» (in mosaiqueguinée.com, 17 décembre 2018),  a été un évènement très important et prouvé que ce débat doit se poursuivre puisque la  question centrale mérite une réponse définitive: « Pourquoi la constitution n’est pas respectée en l’état, telle qu’elle se présente » ?

La nôtre : c’est que le texte actuel dit « Constitution » de la République de Guinée (promulgué le 7 mai 2010), objet de débats passionnés depuis quelque temps, ayant été élaboré par une structure issue d’un coup d’Etat, n’est ni légitime, ni légale.

Certains politiciens le savent pertinemment; c’est pourquoi ils ne s’y réfèrent que pour dire que cette constitution ne prévoit pas un troisième mandat, mais l’ignorent, la négligent quand il y a des conflits: ils préfèrent des accords politiciens, circonstanciels comme ceux relatifs au conflit des élections du 4 février 2018, qui jurent non seulement avec la loi, mais aussi avec le bon sens: comment peut-on imaginer qu’on peut s’assoir à Conakry, entre responsables nationaux de partis et décider pour des élus locaux, sans les consulter au préalable, sans consulter la base du parti et s’assurer de son accord possible ?

Le peuple de Guinée doit donc, elle-même, se doter d’une constitution (par référendum) autant que possible pérenne et qui devra être le seul texte fondamental de référence, en plus d’autres lois spécifiques votées par l’Assemblée nationale.

Cette nouvelle mouture  qui ne nécessite que  quelques retouches et précisions  de la Loi Fondamentale du 23 décembre  1990 devra être élaborée maintenant.

C’est le respect de cette constitution adoptée par référendum et de ces lois qui devront s’imposer même à nos « amis» européens et américains.

C’est pourquoi nous continuons de dénoncer le fait que le CNT et la présidence de la République par intérim aient refusé de soumettre le projet de constitution du 19 avril 2010 à un référendum comme la Loi Fondamentale modifiée du 23 décembre 1990 dont elle est issue  et qui l’en aurait fait notre texte fondamental légitime et légale.

Nos  réflexions et propositions  ne sont pas spontanées: elles ont  eu le temps de murir parce qu’elles datent depuis le 23 septembre 1991(entretiens, lettres aux personnalités intéressées et articles des de presse).

Mais toutes nos démarches ont été vaines. Personne, ni un parti ou une ONG, société civile en particulier, n’a voulu servir d’écho à notre dénonciation ; ce qui aurait évité la situation conflictuelle  que nous vivons aujourd’hui.

Or, comme a dit  le Baron de Montesquieu, la première loi, c’est la recherche de la Paix.

Aujourd’hui rechercher la paix en Guinée, c’est doter le pays d’un texte fondamental légitime (Loi Fondamentale ou Constitution approuvée par le peuple de Guinée) devant servir de texte de référence obligatoire et prendre d’autres mesures énumérée plus loin.

C’est le lieu de noter que tous les démocrates de par le monde ont constaté que le cas guinéen est encore singulier sur ce point: des politiciens se disant « démocrates», des organisations de la société civile et des juristes de renom se battent pour l’application effective d’une « Constitution » issue d’un coup d’Etat et dont le projet n’a jamais reçu l’aval du peuple.

Or, nous estimons que dans tout pays qui se réclame de la  démocratie, que cette démocratie ait la forme unique ou multipartite, la souveraineté appartient au Peuple qui est la seule  source véritable, parce que légitime et légale,  du pouvoir.

Nous le savons depuis encore le Baron de Montesquieu: Loi Fondamentale ou  Constitution, aucun  texte de référence ne doit  lui être imposée; tout texte constitutionnel considéré comme fondamental doit être adopté directement (par référendum) ou indirectement (par l’Assemblée nationale élue au suffrage universel) pour devenir un texte sacré ne devant souffrir d’aucune modification sans le consentement de ce peuple. La constitution du 7 mai 2010 est de la catégorie de texte fondamental imposé au Peuple de Guinée.

La Loi Fondamentale du 23 décembre 1990, une véritable Constitution

Les auteurs du putsch du 3 avril 1984 avaient fini par se convaincre de cette exigence démocratique: ils avaient certes formé une  structure de gestion du pays, le Comité militaire de Redressement National (CMR) qui est malheureusement vite devenu le Comité Militaire de Rejet National; mais s’étant rendus compte, au bout de six ans de gestion hasardeuse qu’ils ne pouvaient pas exercer le pouvoir qu’en dotant la Guinée d’une constitution multipartite légitime, même s’ils avaient l’appui circonstanciel  des «amis qui les avaient aidés à prendre le pouvoir » (Gl Facinet Touré), ses membres  mirent en place une structure tout aussi illégitime, le CTRN, faisant fonction de pouvoir législatif dont ils avaient choisi et désigné les membres sur des bases contestables.

Le projet de texte que cette  structure  produisit fut heureusement soumis à l’avis du peuple ; d’où le  référendum du 23 décembre 1990, à l’issue duquel, il fut adopté à une écrasante majorité, sous le nom de Loi Fondamentale.

Ainsi, toute révision partielle ou totale de ce texte exigeait désormais la soumission du projet à l’avis préalable  du peuple de Guinée, sous forme de référendum.

Une révision partielle  approuvée par le peuple

Le Général Président Lansana Conté, qui voulut supprimer la limitation d’âge, la limitation du nombre de mandat présidentiel et la prolongation de sa durée de cinq à sept ans,  continua à se montrer légaliste en soumettant son projet au référendum du 11 novembre 2001; malgré la protestation de l’opposition au sein du MORAD (Mouvement contre le Référendum et pour l’Alternance Démocratique), les « préoccupations » de l’Union européenne et les menaces des Etats Unis d’Amérique de «reconsidérer leur aide à la Guinée si la constitution était amendée », le projet fut adopté par le Peuple souverain de Guinée et s’imposa à nos partenaires au développement.

Ce qui autorisa le Général Président Lansana Conté à briguer son troisième mandat et d’être réélu le 21 décembre 2003.

Cela prouve que, texte sacré du peuple de Guinée, la Loi Fondamentale de 1990 n’aurait pas dû être violée, subir de modification désinvolte pour quelque raison que ce soit, surtout pas suite à un coup d’Etat si ce n’est pas pour soumettre un nouveau  projet à un référendum ; or, elle sera violée dès le 23 septembre 1991, neuf mois après le premier référendum, dans son article 95 alinéa 1 relatif au nombre de partis devant concourir à la conquête et à l’exercice du pouvoir.

D’où nos premières réactions de rejet de toute modification constitutionnelle sans l’avis du peuple (entretien enrichissant du 28 septembre 1991  avec le président du CTRN).

Premier viol  de la loi Fondamentale du 23 décembre 1990

 Malheureusement, devant les menaces de quelques hommes politiques guinéens de l’époque et de certaines puissances étrangères dialectiquement  opposées à toute unité en Guinée, le CTRN manqua de courage  patriotique en se  pliant aux injonctions du CMRN apeuré: au lieu du bipartisme de la Loi Fondamentale adoptée le 23 décembre 1990 par le peuple qui voulait consolider sa précaire unité héritée de la Première République, le multipartisme désintégrateur, qui amuse, dangereusement, la galerie politique guinéenne, depuis lors, lui fut  imposé par une loi organique; ce qu’il aurait repoussé se souvenant des conséquences désastreuses du précédent multipartisme qui avait failli compromettre, pour long  temps, sa difficile et héroïque lutte  pour son indépendance nationale (1946-1958).

La situation s’aggrava ensuite avec le putsch d’autres  militaires après le décès du Général Président Lansana Conté dans la soirée du  22 décembre 2008.

En effet, le 23 décembre 2008, d’autres militaires, de  grades divers, surprirent la vigilance des officiers supérieurs (chef d’Etat-major général et Chefs d’Etat-major particuliers de l’Armée), prirent le pouvoir et mirent en place une nouvelle  structure de gestion du pouvoir tout aussi illégitime et illégale, le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) présidé par le capitaine Moussa Dadis Camara.

 Certes, des membres éminents de cette  structure purent s’enrichir rapidement, insolemment  et impunément, mais n’ayant pas pu gérer correctement le pays, soit par incapacité congénitale, inexpérience ou ambition démesurée de certains de ceux-là, le CNDD échoua lamentablement.

La contestation de l’«opposition» aidant, la tentative d’assassinat du 3 décembre 2009 sur la personne du président du CNDD permit d’écarter ce dernier ; il fallut combler le vide politique ainsi créé aux dépens des intérêts du peuple de Guinée.

Le deuxième viol de loi Fondamentale du 23 décembre 1990

 Après moult péripéties, les protagonistes se retrouvèrent avec des « amis de la Guinée » à Wagadougou (Burkina Fasso)  et  signèrent, le 15 janvier 2010,  un accord« pour  une sortie de crise ».

Le texte aboutit en particulier à la fixation d’une période transitoire dont la présidence par intérim fut confiée au général Sékouba Konaté et à la mise en place d’une structure composite traversée de courants contradictoires, le Conseil National de la Transition (CNT) finalement de 244 membres au lieu de 101 membres convenus, «chargé de procéder à la révision de la Loi Fondamentale ».

Il faut noter qu’en plus du fait que ses membres n’ont pas été choisis par le peuple, tous les « vus » justifiant l’élaboration de la constitution du 7 mai 2010 sont des  ordonnances du CDD, organe issu d’un coup d’Etat.

Ce qui permit une autre violation de la loi fondamentale amendée de 1990: le CNT, jouant le rôle d’Assemblée législative imposée au peuple de Guinée, s’est livré, allègrement, au tripotage de cette Loi.

Et c’est le texte qu’il produisit qu’on appelle pompeusement aujourd’hui la « Constitution  de la République de Guinée », dont le peuple n’a désigné ni les rédacteurs, ni fixé son  mode de légitimation et de légalisation.

Pire ; le texte a été promulgué par un Chef d’Etat  issu du coup d’Etat sur la base d’un document politique dit « accord de Wagadougou » qui n’a pas été non plus soumis à  l’approbation du peuple de Guinée dont le sort a ainsi été réglé à son insu.

Dénonciation de la deuxième violation.

Nous avions immédiatement réagi par une lettre au Président de la République par intérim. L’ayant appris, un voisin du quartier, le premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, passa nous voir pour s’assurer de la véracité de la nouvelle et prendre connaissance du contenu de notre correspondance qu’il approuva, nous apprenant même qu’il n’a pas été consulté sur le mode de légitimation du projet adopté au CNT parce que «  l’on savait qu’il était pour un référendum ».

Il explicitera  et précisera sa pensée dans une interview qu’il  donna à Africaguinée.com : « La constitution qu’on applique actuellement  a été adoptée dans des conditions d’illégalité extrême…Le projet est sorti directement du CNT à la signature du Président Konaté. Je me suis opposé catégoriquement  au cours d’une réunion …Au moment où nous discutions, c’était déjà signé…Or, une constitution, ça dépasse parfois l’Assemblée nationale, c’est la charte  nationale. C’est la source fondamentale de tout droit. C’est l’expression directe du peuple. Il faut qu’elle soit soumise à la sanction du peuple ».

Une polémique politicienne qui n ‘a aucun fondement objectif : le troisième mandat présidentiel

Comme nous l’avons sus-dit, la  constitution du 7 mai 2010 est devenue importante et valable aux yeux de certains hommes politiques guinéens et de certains de nos « amis » étrangers depuis le jour où le Président Alpha Condé a fait allusion à la nécessité d’un recours probable à la sentence  démocratique pour l’éventualité d’un troisième mandat présidentiel.

Or, au de-là du fait que ce texte dit constitution n’est pas légitime parce que rédigé  et promulgué à l’issue d’un coup d’Etat militaire, on est tenu d’examiner un autre argument souvent évoqué par ceux qui rejettent  le troisième mandat: le Professeur Alpha Condé a prêté serment sur ce texte lors de ses deux investitures.

Posons-nous alors cette question: la Guinée serait-elle  le premier ou le seul pays africain qui aurait cherché à modifier un texte illégitime considéré comme sa constitution ou à le légitimer par un référendum?

Elle ne le serait pas par le fait que sa Loi Fondamentale de 1990 adoptée par référendum avait  été sciemment violée, deux fois, par les maîtres de l’époque.

Mais elle ne  sera pas non plus le seul pays africain  qui aura soumis un projet de réforme de son « texte fondamental » dit Constitution à un référendum, surtout que le sien auquel certains se réfèrent, actuellement, n’a jamais été soumis à l’avis du peuple de Guinée (adoption ou rejet) depuis 2008, mais imposé suite à un coup d’Etat que rien ne justifiait puisque la Constitution était légitime et légale, le pouvoir législatif était exercé normalement par une Assemblée nationale démocratiquement élue et renouvelée, un gouvernement régulier était en place et que le mode de remplacement  du Chef de l’Etat décédé était prévu par la Loi fondamentale même dans sa forme modifiée de 2008.

 Mieux, prenons  le Sénégal, modèle de pays africain à démocratie multipartite réelle et où tous les textes fondamentaux du pays (constitution ou loi Fondamentale) ont été préalablement soumis à un référendum, des chefs d’Etat n’ont-ils pas  tenté de modifier ces textes alors qu’ils avaient  déjà  prêté serment ?

Le cas du président Abdoulaye Wade est  très intéressant à ce sujet: ce dernier  n’avait-il pas   tenu à se présenter à un troisième mandat non prévu, en 2012, suscitant un sérieux  débat constitutionnel entre l’opposition et ses partisans ?

Consulté, le conseil constitutionnel  avait  tranché en sa faveur.

Et pourtant, cette constitution avait été adoptée par référendum.

Mais le dernier mot ne revint-il pas au peuple sénégalais qui finit par trancher finalement le conflit en élisant le Président Macky Sall  le 25 mars 2012 ?

Certes, un autre conflit éclatera dès après le scrutin présidentiel: lors de la campagne électorale, le Chef de l’Etat élu avait promis de réduire la durée du mandat présidentiel y compris celui encours, de 7 à 5 ans.

Il voulut tenir sa promesse en 2016 fixant même la date du référendum au 20 mars de la même année alors qu’il avait déjà prêté serment  sur la constitution  dont faisaient parties les articles qu’il voulait modifier.

Le conseil constitutionnel, qu’il consulta en janvier, lui signifia, le 16 février 2016, qu’il était d’accord pour la réduction de la durée prochaine du mandat présidentiel à cinq ans, mais que la réduction proposée de celle du mandat en cours (de sept à cinq ans)  sur laquelle le Peuple l’avait élu, « doit être  supprimée…. Cette durée, préalablement fixée dans le temps, par essence intangible, est hors de portée de la loi nouvelle », conclut le Conseil constitutionnel.

Ce qui justifie la fixation de la  date de la  prochaine consultation présidentielle sénégalaise au 24 février 2019, le Président Macky Sall ayant dû respecter la durée du mandat de sept ans.

La décision du Conseil Constitutionnel avait  réjoui les militants et cadres de son parti, l’Alliance pour la République, qui estimèrent  que l’avis du conseil constitutionnel était facultatif d’autant plus que leur élu avait prêté le serment de respecter la constitution instituant  le septennat.

Quant à l’opposition, elle continua à demander vainement au Chef de l’Etat Macky Sall de respecter son engagement électoral.

Ce dernier décida plutôt de tenir compte de l’avis motivé du conseil constitutionnel.

Ainsi, en se fondant sur le cas du Sénégal où toutes les constitutions sont  pourtant légitimes et sur lesquelles  des présidents avaient prêté le serment de les respecter, on peut affirmer que le professeur Président Alpha Condé aurait parfaitement le droit de briguer un troisième mandat, s’il le désire, le peuple de Guinée n’ayant pas  été consulté sur la constitution du 7 mai 2010 à laquelle l’on se réfère, même  s’il avait juré de la respecter lors de son investiture.

 Référentiel suprême, il reviendra alors à ce peuple de trancher, comme au Sénégal en 2012,  entre  le candidat sortant, le Professeur Alpha Condé, et les autres candidats.

Et l’on s’en tiendrait à la vérité des urnes, une exigence de la démocratie, dont la conséquence devra s’imposer à tout vrai démocrate.

Que proposons-nous ?

Doter le Peuple de Guinée  d’une Constitution  qu’il aura approuvée 

Pour cela, organiser les prochaines élections législatives dans le seul  respect de la « constitution » du 7 mai 2010, c’est continuer à agir dans l’illégalité et lui  refuser le droit de se doter d’un vrai texte fondamental approuvé par référendum.

 C’est dire que l’organisation de la prochaine élection législative  durant le premier semestre de l’année 2019 devrait avoir deux objectifs :

a/La mise en place d’une commission  ad hoc au sein de cette nouvelle assemblée qui serait  chargée de la rédaction d’un avant-projet, d’une nouvelle mouture de la Constitution plus conforme à la Loi Fondamentale du 23 décembre 1990, donc  à la logique démocratique multipartite.

b/Devenu projet après discussion au sein de l’Assemblée  Nationale renouvelée, ce texte serait soumis à un référendum pour devenir enfin la Constitution du Peuple de Guinée, un  texte sacré pour le respect duquel tout  vrai patriote et tout « ami » véritable de la Guinée  devront se battre.

Cette approche nous permettrait à la Guinée d’être un pays normal

Les points suivants devraient être également examinés en détail par la commission ad hoc pour inclusion éventuelle dans la nouvelle constitution:

  1. Les élections présidentielles et législatives resteraient  nationales.
  2. Pour le cas de celle  du Président de la République, deux propositions  au choix, sur lesquelles, l’Afrique doit innover en fonction de ses valeurs et de ses réalités propres :

a/ Fixer définitivement la durée et le nombre de mandat présidentiel dont le respect  s’imposera à tous les citoyens sous peine de sanction extrême.

b/ Ou fixer la durée de chaque mandat présidentiel et organiser, au bout du second, l’élection présidentielle sur la base du bilan du Président sortant, tout en permettant à d’autres candidats de se présenter  au scrutin.

Le jeu démocratique serait alors tellement intéressant que presque la plupart des prochains candidats à la magistrature suprême ont géré la Guinée, à différents niveaux.

Le débat devant être civilisé et mieux encadré par des journalistes documentés et reconnus impartiaux, le peuple de Guinée ayant vécu 60 ans d’indépendance, aura, cette fois,  la possibilité de faire le choix véritable de programme entre la démagogie et la vérité constructive, entre l’ethnocentrisme et l’indispensable unité nationale; entre ses exploiteurs impénitents et insatiables, et les vrais bâtisseurs de son bonheur et de son unité dans la paix, l’unité  et la sécurité.

  1. La durée de l’Assemblée nationale resterait cinq ans, renouvelable.
  2. La démocratie devant être exercée à tous les niveaux, les élections communales (urbaines et rurales) resteraient locales avec élection libre et obligatoire de tous les bureaux des mairies, des quartiers, districts et  secteurs par les membres élus (conseillers) de ces structures. Ce qui impliquera les citoyens de chaque localité dans le choix de ses responsables de proximité à tous les niveaux et nous évitera des marchandages politiciens, sources de conflits récurrents.

La durée de leur mandat serait toujours de cinq ans renouvelables.

  1. Les candidats aux différentes élections seraient investis  par leurs partis officiellement reconnus  après la prochaine élection législative ou à titre individuel.
  2. Mais il reviendra à la commission ad hoc de dégager des conditions drastiques pour limiter le nombre de candidat aux élections présidentielles. Nous éviterons ainsi  d’être la risée du monde.
  3. Compte tenu de l’illégitimité de la constitution actuelle et de l’exigence d’implication de la seule source de pouvoir, le Peuple,  dans tout choix de ses représentants, le RPG-Arc en-ciel pourrait légitimement présenter la candidature du Professeur Alpha Condé, si ce dernier désire briguer un troisième mandat en se déterminant officiellement et dans les meilleurs délais afin que la nouvelle mouture de la constitution soit élaborée en quelques mois et soumise au peuple avant l’expiration du mandat actuel.

Il reviendra ensuite au Peuple de Guinée de trancher entre les candidats dont le Président de la République, comme cela s’est fait au Sénégal   en 2012, entre Abdoulaye Wade et Macky Sall..

  1. L’expérience du multipartisme intégral ayant lamentablement échoué en Guinée, l’ethnie constituant la base réelle des partis, leur réduction  est devenue une OBLIGATION pour le bien du peuple de Guinée qui doit choisir désormais les formations sociales devant  défendre  ses aspirations.

 D’où la nécessité de:

a/Définir les conditions strictes à faire respecter par le ministère de tutelle, sous peine de sanction, pour la création de partis politiques pouvant présenter des candidats aux prochaines élections législatives.

b/Ne reconnaître finalement que les seuls partis représentés à l’Assemblée Nationale à l’issue de la prochaine consultation législative; ce serait ceux-là qui recevraient, en conséquence, une subvention au prorata du nombre de leurs élus, ce qui supprimerait le titre et le budget d’un président de l’opposition non reconnu par d’autres partis et nous éviterait ainsi d’autres conflits ou controverses inutiles.

Les indépendants élus pourraient constituer un groupe autonome ou adhérer à un groupe  au sein de l’Assemblée nationale.

c/En raison de l’existence de ces  partis politiques, qui auront ainsi un caractère national, supprimer, dès l’adoption de la Constitution par référendum, toutes les organisations de caractère ethnique ou régional, l’expérience ayant prouvé que leur existence est un danger pour l’unité nationale, beaucoup s’étant montrées de véritables  relais des partis existants.

Les organisations sociales (partis, syndicats, ONG, sociétés civiles, etc.) suffisent pour l’encadrement social et l’éducation civique de leurs membres ou militants. Il suffit seulement de veiller sur la stricte application de leurs conditions de création et de leurs missions.

Il serait souhaitable que l’Assemblée nationale renouvelée  s’attaque, dès sa mise en place, mais gratuitement (sans salaire, ni indemnité supplémentaires) à ce travail patriotique de mise en ordre constitutionnel.

Il ne faut surtout pas qu’on nous parle du temps. Nous en avons tellement perdu depuis le 3 avril 1984 !

 Et puis, « la constitution » du 7 mai 2010, à laquelle certains s’accrochent pour tromper l’opinion publique, a été élaborée et promulguée presqu’en quatre mois : il s’agira encore de reprendre certains points de la Loi Fondamentale du 23 décembre 1990 au vu des propositions de l’Assemblée Nationale renouvelée.

 Or, il nous reste au moins un an de mandat présidentiel pour organiser les élections législatives et pour l’adoption d’une constitution légitime (un référendum). Attelons-nous à ce programme avant qu’il ne soit trop tard.

Appel à nos amis étrangers

C’est l’occasion  de   lancer un appel à certains « amis » étrangers, les plus prompts à nous donner des leçons de démocratie:

« Si vous êtes de véritables amis de la Guinée, vous voulez son unité et sa prospérité dans la paix et la sécurité, au lieu de lancer des menaces et invectives, de nous recommander « la reprise des activités du « comité de suivi des accords politiques », aidez-nous à nous en passer ; ce comité est non seulement considéré par certains Guinéens comme une structure superflue, qui n’a été d’aucune utilité politique, mais qui  a plutôt permis le non-respect de nos lois par certains hommes politiques.

Ce  comité  a également amené des Guinéens  à accuser   nos « amis » étrangers de se mêler de nos problèmes et même de vouloir se substituer à nous pour les régler.

Son maintien est  également vu  par d’autres  Guinéens, et non des moindres, comme un moyen  de  bafouer   la souveraineté de notre peuple.

Aidez-nous, au contraire,  par des conseils illustratifs, à être de véritables démocrates comme vous, à avoir des institutions nationales fortes, fondées sur une constitution légitime parce qu’approuvée par le peuple de Guinée à l’issue d’un référendum, puisque vos pays constituent les références pour nombre de cadres et intellectuels  guinéens, même dans le sens du désordre et de l’anarchie.

Presque tous les textes fondamentaux de vos pays (Constitution ou Loi Fondamentale) ont reçu directement ou indirectement l’onction de vos peuples, pourquoi vous ne nous aidez pas à en faire autant,  au lieu de nous pousser  à nous référer à des textes que vous savez pertinemment non démocratiques, à créer ou entretenir des structures de concertation qui n’existent nulle part et qui sont de véritables sources de nos conflits récurrents?

Le choix ne serait  cornélien que pour ceux d’entre vous qui soutiennent objectivement  la politique de destruction de notre unité par certains compatriotes inconscients, irresponsables, des ethnocentriques indécrottables et viscéralement opposés  à toute entreprise dont ils ne sont pas les  promoteurs ».

Conclusion

Ainsi, s’il est vrai que l’on est réellement  démocrate en Guinée, que l’on veut  que le peuple de Guinée  se dote d’une constitution légitime comme les autres pays à démocratie multipartite et que l’on tient à trancher démocratiquement un conflit artificiel qu’on impose au peuple de Guinée  depuis quelque temps, entre, éventuellement, les partisans du troisième mandat du professeur Alpha Condé et ses adversaires,  acceptons de faire appel à la sentence démocratique du peuple de Guinée. Elle seule sera le jugement dernier permettant de trancher définitivement un problème conflictuel que nous avons créé par notre manque de perspective.

Certains politiciens guinéens actuels doivent s’adapter ou disparaître pour laisser la place à d’autres, en particulier aux jeunes ; le renouvellement de la classe politique guinéenne est une nécessité vitale pour notre  peuple: des hommes plus préoccupés de son  développement et de la défense de ses intérêts que de la conquête et de l’exercice du pouvoir aux seuls profits d’une  ethnie ou d’un clan.

 Nous pouvons encore nous ressaisir pour sauver le peuple de Guinée, si les hommes politiques  abandonnaient certains comportements hautains et suffisants, des jugements définitifs et restaient humbles et modestes.

Nos vœux pour 2019

Que souhaitons-nous au peuple martyr de Guinée pour l’an 2019 ?

 Une démocratie à multipartisme limité et réellement fondé sur une constitution légitime et pérenne, parce que obtenue par référendum de notre peuple et adaptée à nos valeurs!

Du Courage et la victoire pour le combat que  ce peuple mène  depuis 1958 pour préserver et consolider sa souveraineté et son indispensable  unité!

Défaite irrémédiable à ceux qui ne veulent pas de son développement harmonieux dans la paix et l’indispensable unité de ses enfants !

  Le peuple de Guinée vit des moments difficiles.  Son avenir dans la paix et la sécurité  doit seul  préoccuper les patriotes et non les agitations et menaces de certains guinéens  irresponsables ou qui se font passer pour la solution de la Guinée.

Travaillons dans une perspective historique. Il y va de l’intérêt et de la survie  de ce peuple qui a trop souffert des maladresses et des ambitions égocentriques de certains de ses enfants égarés.

Sidiki Kobélé Keita

PS :

Pourquoi cet article ?  C’est après lecture de ma lettre du 1er janvier 2019 aux Présidents de la République et de l’assemblée Nationale que des jeunes m’ont demandé de la reprendre sous une forme pédagogique afin qu’ils saisissent mieux la problématique  de la question fondamentale.

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