Effigie de Sékou Touré, réduction du prix du carburant, élection du maire de Matoto: Dr Maréga dézingue la gouvernance Condé…

Dr Amara Bocar Maréga, le député uninominal de la préfecture Dinguiraye de l’UFDG, nous a accordé une interview dans laquelle il s’est largement exprimé sur certains sujets brûlants de l’actualité, notamment l’érection d’une effigie du premier président guinéen Ahmed Sékou Touré, la réduction du prix du carburant de 500 GNF à la pompe, le cafouillage enregistré lors de l’élection du maire de la commune de Matoto.

Ziama.info: L’association des victimes du camp Boiro s’oppose catégoriquement à l’effigie de feu président Ahmed Sékou Touré au pont du 8 Novembre. En tant que membre influent de cette association, pouvez-vous nous en expliquer les raisons valables ?

Dr Amara Bocar Maréga: Nous avons vécu un premier régime sanguinaire. C’est un déni de justice sur ce pont du 8 Novembre, parce qu’il y a eu des pendaisons le 25 janvier 1971, notamment de quatre hauts cadres guinéens qui en ont été pendus: Barry 3, Ousmane, Magassouba Moriba et Keita Kara de Soufiane.

Il faut le dire haut et fort qu’ils ont été martyrisés au nom de la volonté du chef d’Etat d’alors pour conserver son pouvoir.

Depuis ce temps, nous avons toujours réclamé au niveau de ce pont une stèle à la mémoire non seulement de tous ses pendus, et aussi vous savez qu’en 2007, il y a eu énormément de morts au niveau de ce pont lors des manifestations.

Ceux-ci n’ont pas bénéficié d’une justice. Aujourd’hui, le sanguinaire est représenté par son effigie au niveau de ce pont sur lequel lui-même a ordonné d’exécuter quatre hauts cadres guinéens.

A cet effet, nous sommes amplement choqués de cette représentativité ignoble de ce sanguinaire. Nous estimons que ce bourreau ne mérite pas son effigie au niveau de ce pont-là.

Voila pourquoi nous avons manifesté notre désarroi à travers une conférence de presse pour signifier notre indignation aux autorités actuelles du pays.

Votre analyse sur la baisse du prix du carburant à la pompe pour une réduction de 500 francs sur les 10.000?

Nous étions contre l’augmentation du prix du carburant lorsqu’il était à 10.000 francs guinéens à la pompe, parce que nous avions compris que l’Etat cherche à tout prix à majorer ses caisses.

Mais, nous savons que dans Alpha gouvernance dans laquelle nous sommes, c’était une manière de faciliter la gabegie au sein de son gouvernement.

Et, vous savez que vu le budget général rehaussé lors du vote de la loi des finances à l’Assemblée nationale, cet argent qui devrait servir normalement le secteur de la santé, à l’éducation, n’a pas été utilisé à bon escient.

Donc, aujourd’hui, procéder à une réduction de 500 francs sur le prix du carburant à la pompe, c’est toujours bien. Mais, on ne peut que se réjouir cette réduction farfelue du gouvernement Alpha Condé.

En ce sens que nous n’avons pas voulu qu’on revienne quand même au montant de 8000 francs, parce qu’aujourd’hui le prix du baril sur le marché international est encore plus bas qu’il ne l’était qu’avant.

Les 500 francs amputés sur le prix du carburant à la pompe auront-il un impact positif sur la vie du peuple de Guinée ?

Je dirai non! Cette réduction n’aura pas un impact positif, parce que ces 500 GNF amputés sur le prix du carburant restent et demeurent insignifiants.

En ce sens que tous les prix vont rester les mêmes, donc ce qui va faire que ça aura un impact négatif réel sur le panier de la ménagère.

Je pense qu’en faisant une baisse significative, ça permettrait vraiment d’avoir un allègement sur la vie des populations guinéennes. Mais, la réduction des 500 francs sur le prix du carburant est comme une goutte d’eau dans un océan.

Il aurait fallu faire un peu plus pour le panier de la ménagère. Surtout qu’on continue de voir le train de vie de l’Etat qui explose.

Nous continuons à voir des tournées du chef de l’Etat qui coûtent très énormément cher et des distributions d’argent aux uns et aux autres de manière aléatoire. Mais ça, je vous dis qu’on appelle ça Alpha gouvernance.

Lors de la récente élection du maire de la commune de Matoto, l’UFDG et le RPG revendiquent être à la tête de cette mairie. Quel en est votre avis ?

Je m’en vais vous dire qu’après leur défaite cuisante face à l’UFDG, le RPG frustré a créé le cafouillage qui ne dit pas son nom. Pour rappel, l’élection communale s’est déroulée depuis le 4 février dernier. Et chaque fois que le RPG se voit en défaite, il a toujours créé des troubles.

Ils ne font pas l’élection, ils attendent d’être prêts pour acheter la conscience des conseillers d’autres bords politiques dans le but de gagner cette mairie de Matoto.

Je m’en vais vous dire que malgré leurs forces financières pour acheter les conseillers, ils ont été battus. Le maire de Matoto a été élu, c’est Kalemodou Yansané et cela reste indiscutable.

Bien sûr que les forces du RPG se sont encore manifestées, les responsables du RPG ont déchiré des bulletins après leur défaite face à l’UFDG. Mais, nous n’acceptons pas la reprise de cette élection.

Cette élection est terminée, le maire élu reste Kalemodou Yansané. Maintenant, nous allons élire les vices-maires. Tout ceci pour vous dire simplement qu’Alpha gouvernance a été sanctionnée singulièrement dans la capitale Conakry où ils n’ont gagné aucune commune.

Que dites-vous lorsque Domani Doré dit reconnaître la victoire de Toss Camara comme Maire de Matoto ?

C’est une malhonnêteté intellectuelle. Vous êtes vingt personnes et dix-neuf ont reconnu la victoire d’une personne qui est Kalemodou Yansané.

Et, si elle est seule à dire qu’elle a reconnu la victoire de Toss Camara, je dirai que c’est une malhonnêteté intellectuelle, c’est une honte dans ce cadre qu’elle a l’habitude de faire ce genre de choses insensées.

 

Interview réalisée Albert Sovogui pour Ziama.info

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